| Regards d'architectes |
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Commentaires1. Parallèle entre la gare et le Vinci Victor Laloux et Jean Nouvel, 2 architectes avant-gardistes à leurs époques respectives. La Gare ( Victor Laloux 1896/98 ) Elle fait entrer la ville de Tours dans l’ère du chemin de fer, allie la pierre traditionnelle à l’utilisation jusque là industrielle du métal. Son ornementation extérieure s’inspire des grands modèles antiques. Le palais des Congrès Vinci ( Jean Nouvel 1991/93) Résolument tourné vers l’avenir, son architecture épurée, sobre s’appuie sur l’utilisation des métaux alliés à la transparence du verre. Performance architecturale unique ! Auditoriums suspendus, vaste plateau panoramique modulable et autres… En tout 26 000 m² exploitables pour accueillir congrès, séminaires, salons, concerts… 2. Du Grand Théâtre à l’Olympia Le Grand Théâtre municipal ( Léon Rohard 1872 ) est édifié à l’emplacement de la chapelle du couvent des Cordeliers. Il est un autre exemple de l’architecture monumentale du 19ème siècle s’inspirant librement de l’Antiquité avec une allégorie de la Musique ayant à ses pieds la Comédie et la Tragédie. Remarquer les chapiteaux ioniques à motifs de lyres. Seules y ont lieu les représentations de l’Opéra de Tours. En ce qui concerne le théâtre, la ville de Tours s’est doté d’un nouvel espace inauguré en 2004 et portant le nom de « Nouvel Olympia ». Deux architectes vont se charger de sa mise en œuvre : Finn Geipel et Nicolas Michelin. L’emplacement réservé à la construction de ce nouveau théâtre était très étroit, enclavé et en sous-sol, la présence de l’ancien temple romain exigeait des précautions pour les fondations. Le projet de Nicolas Michelin s’est développé sur l’idée d’un dispositif ouvert. Les volumes du théâtre sont tous placés dans les grandes poutres transversales métalliques qui correspondent à une hauteur d’étage. La salle de spectacle occupe toute la largeur du volume sous les poutres. Un travail précis sur la lumière naturelle a aussi été effectué pour le hall d’entrée par le grand filtre en façade et partout la mise en œuvre des matériaux laisse deviner la structure métallique primaire. 3. Architectures monumentales de reconstruction La partie nord de la rue Nationale ainsi que les îlots d’habitation alentours ont été détruits lors d’un incendie en 1940. La municipalité entreprend la reconstruction dans les années 50. l’architecture des immeubles est homogène et s’intègre bien dans le paysage ligérien avec leurs toits d’ardoise et leurs façades blanchies. La bibliothèque municipale ouvre ses portes en 1957. Elle est pourvue d’un corps central carré de 11 niveaux éclairé de hautes verrières, surmontées d’un petit toit pyramidal recouvert de feuilles de cuivre. 4. La nouvelle basilique Saint Martin Située rue des Halles, c’est un édifice commandé à Victor Laloux à la fin du 19ème siècle. Il remplace une collégiale précédemment construite au Moyen-Age dont vous pouvez voir les deux vestiges : La Tour de l’Horloge et la Tour Charlemagne. Comme les autres monuments conçus par Laloux, son architecture s’inspire des basiliques paléochrétiennes et byzantines d’Italie. Son style est qualifié de romano-byzantin au 19ème siècle et elle comporte un dôme de style Renaissance. Bâtie à l’emplacement du tombeau de Saint Martin, vous pouvez toujours y voir à l’intérieur de la crypte les reliques du Saint. 5. L’habitat social. De Mame à L’Opac La Maison Mame a été fondée en 1796 puis développée par ses descendants. Durant la seconde moitié du 19ème siècle, cette imprimerie est capable de réaliser un livre dans sa totalité et de le diffuser. L’imprimerie Mame était alors considérée comme un modèle d’organisation industrielle et sociale. Il s’assure ainsi l’estime et la reconnaissance de son personnel. C’est le paternalisme de l’époque. Entre 1860 et 1875, Alfred Mame fonde la Cité Mame, îlot de 62 pavillons individuels d’aspect identique avec jardin privatif à l’arrière et organisé autour d’un square. Ces maisons sont louées au personnel de l’imprimerie pour un prix tout à fait modique et se situent non loin de l’entreprise. La famille Mame décide de revendre les pavillons à ses occupants à partir de 1963 et la cité est intégrée au domaine public en 1970. La cité Lamartine Elle a été construite sur un terrain maraîcher vacant, est composée de 252 logements. L’architecture de cette cité est qualifiée d’exception pour des logements ordinaires. On la doit à Robert Mander qui signe une cité dans le style néo-classique, « Versailles pour tous ». La composition d’ensemble est en U, les bâtiments sont disposés par plots séparés par trois arcades en plein cintre s’élevant au niveau du 3ème étage. Une structure en béton armé porte de vastes panneaux préfabriqués couvrant chacun une hauteur d’étage. Certains appartements possèdent une loggia privative en quart de cercle au sol pavé de verre ou une « bow-window ». A l’intérieur les éléments de confort sont multipliés, tous les appartements sont adaptables aux personnes à mobilité réduite. Le stationnement est intégré au projet en sous-sol. Cité bords de Loire C’est la plus singulière des cités gérées par l’OPAC, édifiée en 1928 alors que les cités-jardins sont en vogue en Europe. L’ensemble regroupe 93 logements dont 21 pavillons individuels. Des jardins attenants aux maisons ou regroupés pour les appartements sont mis à disposition. La cité repliée sur elle-même est isolée du voisinage par des murets, petits portails ou porches. Le style évoque villégiature et repos du travailleur. Une vaste cour intérieure bordée de trois immeubles ouvre la vue sur la Loire. Sans en avoir ni le nom ni l’apparence, ce sont néanmoins des « barres » regroupant des appartements sur une grande longueur mais une faible largeur. Cependant des jeux de détail, l’accumulation de motifs, formes et matériaux sont censés faire de l’habitat social un habitat modèle. 6. Immeuble Duthoo (42 – 50 rue Charpentier) 1907 - 1910 Quarante ans après Mame, Arthur Duthoo, grand nom de la bourgeoisie commerçante de Tours va demander à l’architecte Jean-Frédéric Wielhorski d’édifier une « maison de rapport » pour ses employés du Grand Bazar – Nouvelle Galerie. La configuration de la rue impose un plan en V sur une vaste parcelle irrégulière dans le quartier populaire des Halles. Véritable manifeste d’un style naissant préfigurant l’art déco, cet immeuble est surtout remarquable pour son décor de faïences émaillées bleues et vertes représentant des fleurs de marronnier stylisées. 7. La République en monuments La Place Jean Jaurès appelée autrefois la place des Portes de Fer entre dans le processus de réorientation de la ville vers les quartiers neufs dans cette deuxième moitié du 19ème siècle. Deux grands édifices publics vont y être construits : Le Palais de Justice que l’on doit à Jacquemin père et fils est semblable à tous les autres palais de justice du pays construits à cette époque. Son aspect est celui d’un temple grec à colonnade dorique symbolisant la rectitude de la Justice. En réponse, l’hôtel de ville de Tours, œuvre de Victor Laloux, construit entre 1897 et 1904. Celui-ci est conçu comme un véritable « palais municipal » qui fait la part belle au programme sculpté de sa façade. Le message est clair, c’est l’affirmation de l’autorité municipale, l’exaltation des vertus républicaines et patriotiques ( allégories des frontons des deux pavillons latéraux de gauche à droite symbolisant la Force , le courage, la Vigilance et l’Education).
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