| Une cité cheminote entre Loire et Cher |
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Commentaires1. Place Jean Jaurès/Boulevard Heurteloup Centre géométrique de la ville, cette place monumentale a été aménagée en 1840 et représente la poursuite de l’ouverture de la ville vers les plaines du sud engagée au XVIIIème. On y construit le nouveau palais de justice à l’allure de temple grec avec ses colonnes doriques et en même temps, la place semi-circulaire est conçue pour constituer un ensemble urbanistique cohérent. Cette cohérence se poursuit sur le boulevard Heurteloup bordé d’immeubles ordonnancés à arcades plaquées construits entre 1846 et 1855 après la destruction totale des remparts et l’implantation de la première gare de Tours nommée l’embarcadère et qui a disparu fin XIXème. Entre 1986 et 1904, l’hôtel de ville de Victor Laloux, architecte tourangeau, vient rééquilibrer la place. D’une architecture éclectique d’inspiration XVIIème et baroque, il va devenir à lui seul le symbole majeur autour duquel s’organise vraiment la place. 2. La gare Le succès du chemin de fer est tel que le nombre de voies de l’embarcadère inauguré en 1846 est insuffisant et qu’il fallut construire une nouvelle gare, légèrement en retrait de la première avec une vaste place pour faciliter la circulation. Victor Laloux en dessine la façade. Il choisit un style éclectique baroque avec nombreuses sculptures mélangé à un style industriel représenté par les grandes verrières de verre à structures métalliques. Les villes du sud ouest de la France desservies en passant par Tours sont représentées par quatre femmes : Bordeaux, Toulouse, Limoges et Nantes. 3. Quais de Loire / Loire à vélo Au rond-point des Français libres, on pénètre sur la commune de Saint Pierre des Corps qui doit son nom étrange à l’ancien cimetière romain qui occupait pour des raisons sanitaires ce site extérieur à la ville. Autrefois, avant la construction de l’autoroute A10, se trouvait à cet endroit le canal du Berry, qui reliait la Loire et le Cher. A partir de 1846, le développement du transport ferroviaire va faire de ce faubourg une véritable ville ; en effet, Tours avait refusé une gare de marchandises en centre ville, elle sera donc construite à St Pierre. En 1920, la municipalité adhère en bloc au parti communiste qui vient de naître à Tours. Etablie dans les anciennes varennes de Loire, St Pierre sera souvent inondée et le souvenir des crues du 19ème siècle, en particulier celle de 1856, est resté ancré dans la mémoire de la ville. Les levées qui ourlent la ville au nord sont censées empêcher que ne se reproduisent de telles catastrophes. Les régions Centre et Val de Loire ont initié dès 1995 le projet de Loire à vélo auquel sont maintenant associés 2 régions, 6 départements et 6 agglomérations. Ce tronçon en cours d’aménagement va allonger les 440 km déjà existants et entre Cuffy dans le Cher et St Brévin les Pins en Loire-Atlantique, ce seront 800 km qui s’inscriront dans la future eurovéloroute des fleuves entre Nantes et Budapest, soit 2400 Km. 4. Bureau de l’octroi (XIXème) Le bureau de l’octroi témoigne du droit octroyé à une ville de lever des taxes à son profit et par extension les taxes perçues sur certaines denrées et les bureaux eux-mêmes sont nommés ainsi. Celui-ci était l’octroi de Tours pour le paiement des taxes d’entrée sur les produits venant de St Pierre et de l’est. 5. Mairie (1913) Tout juste construite lorsque survient le premier conflit mondial, elle va servir pendant cette période de caserne pour l’armée américaine. Elle sera finalement inaugurée en 1922. C’est un bâtiment profond avec une partie centrale saillante à fronton et balcon. Un dôme à l’impériale avec campanile la couronne. De chaque côté du bâtiment, séparés par les entrées des cours, se trouvent les pavillons scolaires des filles et des garçons. 6. Boulevard Paul Langevin (années 1950) Ce boulevard s’ouvre sur l’Arbre de la Résistance, œuvre d’Ernest Pignon-Ernest, artiste spécialisé dans les œuvres éphémères et qui a donc ici fait une exception pour St Pierre des Corps. Ce boulevard a été reconstruit après guerre avec un terre-plein central verdoyant. La municipalité a su profiter des ruines du la guerre pour créer un vrai mail. Au niveau du Boulevard des Déportés, on arrive sur la PACIFIC 231, cédée par la SNCF pour un franc symbolique. Cette locomotive est certainement la plus apte à illustrer la naissance et la personnalité de la ville dont l’essor est lié au chemin de fer. Elle est apparue aux Etats-Unis dans la période 1900 – 1910 puis fabriquée sous licence par la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. Les chiffres indiquent dans l’ordre le nombre de roues porteuses à l’avant, motrices au milieu et porteuses à l’arrière. Elle roulait à 140 km/h et a parcouru environ 2 millions de km. Un épi provisoire de voie ferrée a permis de l’acheminer du dépôt jusqu’ici. 7. Pont Jean Moulin , 1950, en béton armé Premier pont construit au dessus des voies ferrées de la gare de Saint Pierre des Corps. Les tourangeaux, n’ayant pas envie au 19ème siècle de voir la ville de Tours traversée par le chemin de fer, ont exilé la gare de marchandises à l’extérieur. Du pont, on aperçoit l’actuelle gare TGV et la gare de marchandises vers l’ouest. En regardant vers l’est dans la zone des Epines Fortes, on devine la gare de triage et toutes les installations techniques qui s’y rattachent : ponts transbordeurs, rotondes, postes électriques. Au total, la SNCF occupe quelques 177 ha pour toutes les installations : ateliers de réparation des wagons, dépôt de marchandises, scierie, fonderie, etc.). Ce sont des installations semblables qui furent la cible des bombardements alliés en 1944. (1200 bombes pleuvent sur Saint Pierre le 11 avril 1944). La ville disparaîtra à 85 % ; elle sera donc construite une deuxième fois. 8. Quartier du Sanitas Il s’agit là d’une ancienne zone ferroviaire laissée vacante après les bombardements de 1944. Au cours de ce conflit, 4000 logements avaient disparu à Tours et, après-guerre, le manque de logements se faisait cruellement sentir avec l’arrivée des populations des campagnes et des travailleurs du Portugal. La construction de 3000 logements par l’Office HLM de la ville va donc être décidée. L’architecte en est Jacques-Henri Labourdette, créateur de Sarcelle. Ils seront répartis dans des barres et des tours construites en 4 tranches successives entre 1959 et 1969. La tour U qui s’élève à 71 m au-dessus de la place du Commandant Tulasne a été voulue comme signal de l’ensemble. Le quartier s’organise autour de 2 axes principaux reprenant la physionomie orthogonale de la ville. L’avenue du Général de Gaulle permet de relier l’est et l’ouest de la ville tandis que le boulevard de Lattre de Tassigny joue un rôle de desserte des habitations. Ce quartier se distingue des autres construits en France car s’ils sont nombreux, peu se trouvent à proximité du centre-ville. 9. Avenue de Grammont Cette avenue était le prolongement vers le sud de la route d’Espagne aménagée au 18ème siècle, traversant les anciennes zones marécageuses. Ce quartier connaîtra un développement très rapide entre 1830 et 1840 attirant entrepreneurs et populations ne désirant pas être soumis à l’impôt de l’octroi, puisqu’il s’agissait de la commune indépendante de St Etienne. Ce quartier sera annexé par la ville de Tours en 1845 et connaîtra un nouveau développement entraîné par l’implantation du chemin de fer. L’église Saint-Etienne, projetée dès 1843 mais construite dans les années 1860, reste le symbole de la volonté d’autonomie de cette commune. Cette belle ligne droite voit l’arrivée du premier Paris-Tours cycliste en 1896.
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